Ile-de-Sein (29)
La construction du phare d’Ar-Men
"Le grand plateau de
roche connu sous le nom de Chaussée de Sein est tellement dangereux, que nous
pouvons affirmer que tout navigateur qui le traversera sans le secours d'un bon
pilote de l'île de Sein, ne devra son salut qu'à un heureux hasard..."
signalait Beautemps-Beaupré. Cette singulière
formation restait tristement célèbre dans les esprits des marins car l'on ne
comptait plus les navires échoués ou coulés sur la chaussée.
La Commission de 1825 chargée de préparer le rapport concernant
l'éclairage général des côtes de France décida d'établir un feu sur la pointe
du Raz et un autre sur l'île de Sein. Mais, si les marins savaient qu'il
fallait se tenir à grande distance de cet alignement lumineux pour éviter de
tomber sur les écueils, rien ne leur permettait d'estimer cet écart nécessaire
vers le large. Les naufrages ne cessèrent pas pour autant et les plaintes de
plus en plus nombreuses affluaient. En avril 1860, la Commission des Phares
demanda que la question fût examinée avec le plus grand soin afin de constater
s'il n'était pas possible d'établir un phare sur l'une des têtes émergeantes à
l'extrémité de la Chaussée. Les premières études sur le terrain débutèrent sous
la direction de Léonce Reynaud, directeur du Service des Phares. Cette
mission tenta une descente sur la roche
la plus occidentale, Ar-Men, mais échoua. On demanda
alors à la marine de procéder à une reconnaissance hydrographique approfondie
pour rechercher le meilleur site, mais les trois tentatives de débarquement
effectuées en 1861 se soldèrent elles aussi par des échecs. Malgré tout, le
Dépôt des Cartes et Plans reprit en août 1866 sa mission. Le syndic des gens de
mer de l'île de Sein, Tymeur, parvint à poser le pied
sur la roche et à en prélever un échantillon. Après sept accostages la campagne
1867 s'achevait : huit heures au total passées sur Ar-Men
afin d'effectuer le percement de 15 trous de 30 à
La construction
proprement dite débuta en mai 1869 sous la conduite d'un nouvel ingénieur,
Alfred Cahen, assisté du conducteur de travaux Probesteau .
On disposa alors les premiers moellons brut en grès, provenant de l'île de
Sein. A la fin de la campagne de 1869, après 24 accostages fructueux et 42
heures passées sur la roche on avait exécuté